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BEIJING, THE LOST KINGDOM OF BICYCLES | Zhao Xiao Meng 赵小萌

January 4, 2018

Zhao Xiaomeng is a young photographer and artist based in Toronto and Beijing. He has been working for several years on a number of photo series that examine the societal upheavals of modern China in the 21st century.  Through a social and political approach, the photos of Zhao Xiao Meng seek to testify crises and symptomatic changes of all his generation. He pays particular attention to the facts and especially to the objects that surround him, which is the symbol of a collective memory and a vanished past. 

Beijing Bicycle Now, is one of his photo series which documents the disappearance and massive decline of bicycles in Beijing. The Capital was once considered as the Kingdom of the bicycle, this means of transport, essential part of the lifestyle of the 90s, is both a cultural symbol and a shared memory of many generations. Since the turn of the millennium, launched in the frantic race for development, the Chinese have gradually abandoned their bikes for the comfort and convenience of automobiles.

 

 
Drowned in Chinese megacities, the bicycle once an iconic lifestyle, is today reduced to a socially distinctive sign, that of a vulnerable and disadvantaged social group. Zhao Xiao Meng, for several years went in search of these bicycles. Unsurprisingly, many have been found in a serious state of disrepair, abandoned in old hutongs for sometimes more than ten years, some have not moved and are now merging into the urban setting. Others have been re-appropriated, reinvented and diverted from their main function.

 

 
Can you present yourself briefly ? 


 My name is Xiaomeng Zhao 赵小萌. I’m an artist. Born in 1987, based in between Beijing, Toronto and Copenhagen. I’m been working on various photography projects that reflect the current massive societal change in modern China. 

Why did you decided to shoot those bicycle ? What do they represent for you ? Why is it a powerfull symbol for you when no one pays attention to it ?

 If you happen to follow modern history of China (Communist China), or have seen photography taken between 60s-80s, you will see the apparent role the bicycles play in China at the time. To a Chinese person, the significance of a bicycle was beyond a transportation tool. It represented the lifestyle, and more importantly the “speed of life” from that time period. The remains of those bicycles today are fossils of the last generation. I disagree with the notion that people stopped caring about these bicycles. Many of my Beijing friends expressed their interest toward them, even though they haven’t acknowledged the existence of these bicycles, much to their surprise. I think the reason people disregard these bicycles is because the objects have receded into the background of everyday life, and lost their significance. Because I have left China for so long that upon my return, I spotted these bicycles right away and to me, they seemed so out of place. I believe observation always needs a distance.

 

 

 Can you explain what's your artistic approach ? Why do you use photography as a medium to document this reality ? What is the story and the deep meaning behind making those images ?

 I think photography has the ability to quickly, accurately and directly interpret the visual experience to a viewer. As a Chinese artist right now, facing this “China”. I don’t see the need to create or “make” anything new because the reality is already so absurd and appalling. All I need to do is to find an effective way to deliver this experience, and to me photography is the most effective tool. 

 What's your main influences in photography but also painting  ? 

On the photography side I was greatly influenced by the "Düsseldorf School" such as Bernd and Hilla Becher, Andreas Gursky, Thomas Ruff and Thomas Struth. And when I first started Daido moriyama's photography and words also attracted me. Paintings are also important to me too, especially religious fresco and paintings.  And also some contemporary painters such as Gerhard Richter and Luc Tuymans.

 What's your opinion about the boom of bikes in Beijing since one year with those millions station-free sharing bikes ? Can we talk about a revival of bikes in Beijing ?

 OFO is a great idea. I’ve tried it few times while in Beijing and I love it. It’s very convenient.  But I do not think the “bicycle culture” will revive in China. Because now people simply use bicycles as a means of transportation to get them from point A to B. And the result of OFO is that in 5 years from now no one needs to own their own bike because they can rent a OFO bike at every street corner.  The emotional connections between people and bicycles are disappeared. The emergence of technology has reduced the relationship between users and the bicycles to merely a tool. 

Can you tell us a bit about your next projects ? After Beijing Bicycle, what's next ?

I have been working on a project about the Chinese political propaganda news. It will completed soon and I’m planning to present it early next year. 



                       Find more photos and information on  :  http://zhaoxiaomeng.com/ 
 

                                                    

 

                     PÉKIN, LE ROYAUME PERDU DU VÉLO  | ZHAO XIAO MENG 


Zhao Xiaomeng est un jeune photographe et artiste basé à Toronto et à Pékin. Il travaille depuis plusieurs années sur un certain nombre de série de photo qui examine les bouleversements sociétaux de la Chine moderne du 21ème siècle.  A travers une démarche sociale et politique, les photos de Zhao Xiao Meng cherchent à témoigner des crises et des changements symptomatiques de toute sa génération.  Il accorde une attention toute particulière aux faits et surtout aux objets qui l’entoure, qui sont celui le symbole d’une mémoire collective et d’un passé révolu.  

Beijing Bicycle Now, est l’une de ses séries de photo, faisant l’objet d’un ouvrage, qui documente la disparation et le déclin massif des vélos à Beijing. La Capitale était autrefois considérée comme le Royaume du vélo, ce moyen de transport, partie essentielle du style de vie des années 90, est à la fois un symbole culturel et une mémoire partagée de nombreuses générations. Depuis le tournant du millénaire, lancé dans la course effréné au développement, les chinois ont progressivement abandonné leurs vélos pour le confort et la commodité des automobiles.

 


  

 

Noyé dans ces mégalopoles chinoises, le vélo autrefois mode de vie emblématique, est aujourd’hui réduit à signe socialement distinctif, celle d’un groupe social vulnérable et défavorisé. Zhao Xiao Meng, pendant plusieurs années est partie à la recherche de ces bicyclettes. Sans surprise, beaucoup ont été trouvés dans un état sérieux de délabrement, abandonnés dans les vieux hutongs depuis parfois plus de dix ans, certains n’ont pas bougé et se fondent aujourd’hui dans le décor urbain. D’autres, ont été réapproprié, réinventé et détournés de leur fonction principale.
 

 

Peux-tu te présenter brièvement?

Je m'appelle Xiaomeng Zhao 赵小萌. Je suis un artiste. Né en 1987, basé entre Beijing, Toronto et Copenhague. J'ai travaillé sur divers projets de photographie qui reflètent le changement sociétal massif actuel dans la Chine moderne.

Pourquoi as-tu décidé de photographier ces vélos? Que représentent-ils pour toi? Pourquoi est-ce un symbole puissant à tes yeux lorsque personne n'y prête vraiment attention?

Si vous suivez l'histoire moderne de la Chine (Chine communiste), ou si vous avez vu la photographie des années 60 et 80, vous verrez le rôle apparent que les bicyclettes jouent en Chine à l'époque. Pour un chinois, l'importance d'une bicyclette était bien au-delà d'un outil de transport. Il représentait un mode de vie, et plus important encore, la «vitesse de la vie» à cette époque. Les restes de ces bicyclettes aujourd'hui sont des fossiles de la dernière génération. Je ne suis pas d'accord avec l'idée que les gens ont cessé de s’intéresser à ces bicyclettes. Beaucoup de mes amis de Beijing ont exprimé leur intérêt à leur égard. Je pense que la raison pour laquelle les gens ne tiennent pas compte de ces bicyclettes est que ces objets ont été relayé au second plan de la vie quotidienne et ont perdu leur importance. J'ai quitté la Chine depuis si longtemps qu'à mon retour, j'ai tout de suite remarqué ces vélos et pour moi, ils semblaient si déconnectés, en dehors de l'espace. Je crois que l'observation a toujours besoin d'une certaine distance.

Peux-tu nous en dire davantage sur ton approche artistique? Pourquoi utilises-tu la photographie comme un moyen de documenter cette réalité? Quelle est l'histoire et la signification profonde derrière la réalisation de ces images?

Je pense que la photographie a la capacité d'interpréter rapidement, et d'exposer précisément et directement l'expérience visuelle à un spectateur. En tant qu'artiste chinois en ce moment, face à cette "Chine", je ne vois pas le besoin de créer ou de "faire" quelque chose de nouveau parce que la réalité est déjà si absurde et effroyable. Selon moi, tout ce que je dois faire est de trouver un moyen efficace de délivrer cette expérience, et pour moi la photographie est l'outil le plus efficace.
 

 
Quelles sont tes principales influences en photographie mais aussi en peinture?

Du côté de la photographie, j'ai été fortement influencé par l'école de Düsseldorf, comme Bernd et Hilla Becher, Andreas Gursky, Thomas Ruff et Thomas Struth. Et quand j'ai commencé Daido, la photographie et les mots de Moriyama m'ont aussi attiré. Les peintures sont aussi importantes pour moi, en particulier les fresques et peintures religieuses. Et aussi quelques peintres contemporains tels que Gerhard Richter et Luc Tuymans.

Quelle est ton opinion sur le boom des vélos à Pékin depuis un an avec ces millions de vélos de partage sans station? Peut-on parler d'une renaissance des vélos à Pékin?

OFO est une excellente idée. Je l'ai essayé plusieurs fois à Pékin et j'adore ça. C'est très pratique. Mais je ne pense pas que la "culture du vélo" revivra en Chine. Parce que maintenant les gens utilisent simplement le vélo comme moyen de transport pour les amener d'un point A à un point B. Et le résultat de OFO est que dans 5 ans, personne n'aura besoin de posséder son propre vélo car on peut louer un vélo OFO à chaque rue coin. Les liens émotionnels entre les personnes et les bicyclettes ont disparu. L'émergence de la technologie a réduit la relation entre les utilisateurs et les vélos à un simple outil.

Peux-tu nous en dire un peu plus sur tes prochains projets? Après Beijing Bicycle, quelle est la prochaine étape?

J'ai travaillé sur un projet sur les nouvelles de la propagande politique chinoise. Il sera bientôt terminé et je prévois de le présenter au début de l'année prochaine



                  Plus d'information et de photos sur le site :  http://zhaoxiaomeng.com/



 

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